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"les plus belles
courses des Alpes de la Méditerranée"
je vous propose ci-dessous la version
"originale" de l'intro que j'avais écrite...
avant réécriture par Nicolas Féraud, et le retaillage de la photo
par JC Raibaud :-)

"Ce livre est né de l’envie de partager.
De partager avec vous, comme avec des
compagnons de cordée, ces moments de vie que l’on dévore à pleines
dents. Ces instants où l’on perçoit si intensément le soleil, la
texture du rocher, l’odeur du lichen, le tintement d’une dégaine, ou
le vide sous les pieds.
De partager avec vous cette passion qui nous
anime tous les trois, cette passion de la grimpe, de la montagne et
du Mercantour… « Plus je vais en montagne, et plus ça me plait »
jubilait Nico, un matin de départ de course. Et en montagne, il y va
deux jours sur trois…
Il nous a semblé que ce livre manquait.
Un livre dans l’esprit des « 100 plus belles »,
un livre qui « donne envie », mais qui tiendrait compte des
pratiques actuelles. Jean Marie Morisset, dans les « 100 plus
belles », écrivait en substance « dans le Mercantour, la saison
d’alpinisme commence vers la mi-juin et se termine fin Octobre ».
Ce n’est plus vrai, avec le ski alpinisme, les couloirs, les
goulottes, les cascades, la saison commence dorénavant le 1er
Janvier pour finir le 31 Décembre.
Un livre qui tiendrait compte également de
l’évolution du niveau des grimpeurs, et de leurs exigences, du
matériel, du rééquipement…
Un livre abondamment illustré pour pouvoir
rêver à la prochaine course, ou retrouver un passage de telle voie
que l’on connaît. Un livre qui synthétise et fiabilise sur un nombre
limité de courses, ce que l’on peut grappiller sur Internet.
Un livre qui transmettrait le virus.
Comment ne pas être amoureux de ce massif ?
Où peut-on, comme ici en Mai, skier un « 3000 » le matin, et se
baigner l’après midi, à 50km de là ? Le temps, souvent clément, pose
même un problème : comment trouver un alibi pour expliquer à son
compagnon de cordée que l’on ne pourra pas sortir ce week-end là ?
Dans le Mercantour, la montagne sait se faire
douce ou sauvage.
Douce car dans ce massif, point de crevasse
béante, de sérac menaçant, de rimaye vorace au bas du couloir.
Douce, au printemps, quand la neige a arrondi
le vallon du Clapier en half-pipe géant que l’on dévale en ski sous
le soleil.
Douce, lorsqu’à la Madone de Fenestre, on
termine une course d’été allongé sur le gazon, les pieds dans le
ruisseau
Douce, quand en Décembre, un jour d’azur, on
découvre depuis la cime du Diable, la Corse qui semble flotter sur
une mer d’or fondu.
Mais sauvage, aussi, et c’est ce qui fait son
charme.
Sauvage, lorsque, grisé par une série de
courses sur le rocher tiède d’Octobre, on se fait cueillir sans
sommation dans la face Ouest de la Cougourde par la première tempête
de neige de la saison.
Sauvage lorsqu’on plonge en hiver dans le versant Nord de l’Agnel,
sur l’altiplano du Baus, et que les petits bivouacs rouges sont la
seule trace de l’homme dans cette étendue blanche et déserte.
Sauvage car, malgré les spits brillants à la
Pointe Giegn, on y rencontre bien plus souvent des chamois que des
grimpeurs, et que, contrairement aux classiques du massif du Mont
Blanc ou des Ecrins, l’embouteillage aux relais est rarissime.
Choisir, parmi les très nombreuses les voies du
massif, classiques ou secrètes, les « X plus belles » s’est
rapidement révélé être une gageure. La descente en ski de la face
Nord du Gélas est elle « plus belle » que « l’envol du destin »,
voie rocheuse au triangle du Pélago ? Ainsi formulée, on comprend
bien que cette question n’a pas de sens, tant sont différentes les
pratiques, subjectifs les critères d’appréciation. Nous avons
expérimenté cela dès le début du projet, en débattant parfois
âprement du contenu de la liste de courses.
Dans les critères de sélection, nous avons
retenu la « qualité », l’esthétique, bien sûr, mais nous avons
aussi cherché à mettre en valeur la diversité de pratique, de lieu,
de saison, d’exposition, d’équipement, de longueur…
De la course express comme la face Ouest de
Tavels en ski, « pliée » en trois heures, à la traversée mixte du
Corno Stella, qui demande deux jours, ou à l’escalade rocheuse des
« enfants de la brume » au Giegn sur une grosse journée, il y en a
pour toutes les pratiques, toutes les formes physiques, tous les
niveaux.
Et puis le nombre de pages n’est pas
extensible, et il a fallu se résigner à trancher, délaissant de
nombreuses courses qui feront le bonheur d’une cordée. Clairement,
ce n’est pas parce que Vavavoum, au Caïre Barel, n’apparaît pas
dans cette sélection que c’est une « bouse »… en d’autres termes,
hors des courses de ce livre, il reste encore tellement de voies à
découvrir, et c’est tant mieux.
La seule chose qui importe, finalement, c’est
que l’on rentre heureux des courses décrites en se disant qu’on a
passé une belle journée, que c’était « un bon tuyau ».
Enfin, la frontière « administrative » n’est
qu’une vue de l’esprit sur le terrain. Nous avons préféré respecter
l’unité du massif, en proposant des courses de part et d’autre de
cette ligne imaginaire.
Les trois auteurs, qui habitent tous la région,
les voici :
Jean Claude Raibaud
est un ancien grimpeur de
haut niveau, compagnon de cordée de Patrick Bérhault. Auteur du topo
exhaustif « l’escalade dans les alpes maritimes », professionnel de
la mise en page, c’est le seul qui avait l’expérience de l’édition.
Il s’est chargé de la maquette du livre, et a été inflexible sur
la qualité de la composition, la définition des images.
Nicolas Féraud,
jeune guide niçois, membre du bureau « guides 06 », sillonne le
massif près de 200 jours par
an, avec des clients ou des amis, dans du PD en neige ou du ED
rocher, peu importe pourvu qu’il sorte. Il est capable de trouver un
client pour aller grimper aux Erps sous la neige fondue, un mardi de
Novembre… il a parcouru toutes les voies de cet ouvrage, et c’est
lui qui a écrit les topos avec une rigueur mathématique, en les
enregistrant au dictaphone d’une main, pendant qu’il construisait le
relais de l’autre.
Alain Passeron est alpiniste et photographe
amateur mais passionné. Il s’est chargé d’une bonne partie des
illustrations et surtout, à veillé avec obstination à ce que ce
livre, textes et photos, contienne un enthousiasme communicatif.
Grimpeur très ordinaire, il a parcouru la grande majorité des
itinéraires, ce qui garantit que vous pourrez le faire vous aussi, à
plus ou moins brève échéance.
Notre plus grand souhait est que l’alliance de
ces exigences complémentaires et des cette passion commune vous
fasse aimer ce massif, et vous donne envie de parcourir ses parois,
ses vallons, ses couloirs en sentant la vie bouillonner en vous.