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accueil > neige et glace > couloir de Lourousa et traversée du Corno Stella

le couloir vu du sentier bivouac Varrone... intime! départ à la fraiche de la neige en juillet!
le soleil se lève... première longueur 2e relais, et dalles au soleil! franchissant la brèche
vue de la brèche vers le N au dessus de la brèche dans L1 (après la brèche) encore du  III "morisset certified"...
traversée de L3 le couloir parait vertical la croix, 10m sous le sommet rappel dans le Corno

                

"cette course est magnifique", c'est ainsi que commence le topo de JM Morisset, dans les "100 plus belles". il n'avait pas menti...

il dit aussi "la course est longue", et là aussi, c'était vrai... (pour nous, 10h refuge/refuge sans trainer + 1h casse croute au sommet + 1h 20 de descente + 20min de footing pour retourner à la voiture...)

il dit encore "mauvais rocher", pour les premières longueurs, c'est un peu en dessous de la vérité, le rocher est proprement exécrable avant la brèche, et si ensuite il est magnifique par endroits, il faut souvent renoncer aux meilleures prises sous peine de les emporter avec soi...

enfin, il cote III les premières longueurs, mais, si l'itinéraire que nous avons suivi est le même que le sien, il y a à mon avis du bon gros V bien gazeux, loin au dessus du dernier friend branlant...

il n'en reste pas moins vrai que cette course est absolument splendide, longue, engagée, pleine de gaz. probablement la plus belle que j'ai pu faire dans le massif.

la cotation originale "D" est à prendre avec grandes précaution: avec notre niveau TD/6a+ en version spitée, nous avions juste la marge nécessaire.

enfin, les changements de matos (crampons, chaussons, grosses) en situation parfois inconfortable, les hésitations sur l'itinéraire (même si la ligne générale est très simple), les précautions avec le rocher et l'assurance, le renforcement des relais les plus inquiétants, le retapage des pitons branlants donnent une cadence qui n'a absolument rien à voir avec les voies "modernes".

 

pourquoi y aller?
  • absolument splendide!! une vue à couper le souffle sur le Lourousa, le Viso, le cap d'Antibes, le gaz...
  • le couloir de Lourousa est toujours aussi spectaculaire!
  • très varié ! couloir de neige, dalles, surplombs...
  • long et engagé, une grande course!
  • ligne générale de l'itinéraire simple
 
pourquoi ne pas y aller?
  • rocher souvent haïssable
  • dangers objectifs importants(chutes de pierres, assurage sur vieux clous, parpinage du second, relais douteux...)
  • bonne marge technique (grimpe et bricolage: pose de pitons, création de relais...) indispensable
  • ambiance macabre autour du Lourousa (plaques funéraires, mentions dans le livre d'or du bivouac Varrone)
  • engagé, attention à la météo..
matériel:
  • 2 piolets préférables, crampons
  • baudrier, descendeur et corde  2x50 m  
  • 4sangles,  friends et coinceurs, 7 ou 8 dégaines (plusieurs "explose"
  • 3 pitons lame au moins nous ont été utiles
  • chaussons préférables, pour augmenter la marge
  • casque et armure, sacrebleu!

ref: Morisset, 100 plus belles

 
itinéraire:

(attention, sous réserve! l'itinéraire est celui que nous avons suivi. de la brèche au sommet, en gros, c'est le bon. pour le bas, la différence de cotation entre Morisset (III) et le terrain (Vmax) m'amène à la plus grande prudence malgré les clous rencontrés, dans cette partie)

  • du bivouac Varone, remonter nuitamment et péniblement les éboulis instables qui mènent au pied du couloir
  • remonter le couloir jusqu'à dépasser légèrement l'aplomb de la brèche du Corno. (pas évident!) (1h30-2h depuis le refuge)
  • repérer une sorte de couloir rocheux oblique vers la droite 30m au dessus, se terminant à un relais sur cordelette orange en "V": c'est là que nous sommes passés. remonter au mieux les mauvaises vires , puis ce couloir facile, mais bourré de pierres qui canonnent le second. départ (suivant le niveau de neige et l'évolution du rocher) , sur une masse rocheuse grise très fracturée et instable, puis petit surplomb au dessus). établir un relais sur pitons avant de quitter la neige... R1 sur cordelette en place à renforcer, en bout de corde de 50 m (III sur mauvais rocher, passages de IV ou plus)
  • continuer facilement le couloir oblique qui suit. attention aux pierres, pitié pour le second! passer une sorte d'étroiture, relais R2 sur une terrasse confortable. passage des grosses aux chaussons possible à cet endroit.
  • les choses se corsent: remonter la dalle au dessus (IV+, passages de V, quelques vieux clous...) attention au lichen glissant! remonter en zigzagant au plus facile vers une zone un peu plus fracturée sous l'arête. il est bon de savoir, à ce moment, que le versant Sud de l'arête est facile, et que l'on peut l'atteindre n'importe où, sans souci de ce point de vue. relais R3 sur une petit plate forme, 8 à 10 m sous l'arête, sangle sur un bloc.
  • remonter au dessus de petits surplombs pas très difficiles mais malcommodes (1 clou) et franchir l'arête. on quitte sans regret l'ambiance "face nord"... si vous avez suivi le même cheminement que nous, vous êtes à 8m à gauche de la brèche. vue sur le Viso (on le voyait avant, mais on regardait le rocher...) R4 sur sangle vers la brèche .
  •  L1: remonter les très belles dalles rouges et glissantes qui suivent, assez près de l'arête jusqu'à une petite brèche et un bon relais (légère traversée à gauche quelques m sous cette brèche, plusieurs pitons). le III de Morisset est un gros IVsup- V mais bien assuré. R5 sur un gros bloc à la plate forme de la brèche ou/et sur 2 pitons couplés (mais rouillés) , juste en dessous.
  • L2:  longueur-clef de la voie! observer les clous, bien serrés dans cette partie un peu démoralisante (surplombs, dévers) mais finalement moins dure qu'il n'y parait. attaquer à droite vers un piton au ras de l'arête, remonter au dessus, traverser à gauche jusque sous les clous du surplomb (1 piton en dessous, 2 dedans et 1 en sortie: c'est le luxe!!). bonnes prises en sortie du petit toit (V sup) rétablissement facilité. continuer au dessus (IV+) en se rapprochant de l'arête (passages de très bon rocher, mais rester vigilant, plein de blocs branlants). R6 merdique au ras de l'arête inconfortable, gros gaz derrière, les pitons sont plantés sur un bloc qui sonne creux, à renforcer sans mettre de friend inconsidéré, dans les blocs fracturés de gauche par exemple. à droite alors? ben non, y'a que de l'air..
  • L3: traverser horizontalement (2 pitons vieux et rouillée dont un gros à anneau). bonnes prises de mains et de pieds, IV+ mais excellent gaz sous les pieds, jusqu'à deux grosses cannelures dans une dalle lisse. remonter celle de droite (IV) , puis traverser à l'autre lorsqu'elles se rapprochent, et remonter jusqu'à deux petites plateformes,  rejoindre celle de gauche sous de gros blocs formant un dièdre fermé. R7 à construire, mais c'est pas de la tarte, toutes les fissures explosent, les blocs de gauche sont branlants.. un gros clou dans une dalle au dessus et à droite, vers d'autres soucis... à oublier. (de R6, passage direct sur l'arête possible (pitons visibles mais une zone de rocher explosé a l'air critique et une photo du "Morisset" semble prise depuis le R7 que j'indique.)
  • L4: remonter le dièdre fermé au dessus en se faisant léger-léger (blocs instables IV+), puis remonter facilement le petit couloir pierreux qui suit et sortir au sommet, à 20 m et légèrement au dessus de la croix. R8.
  • traverser vers la croix et casser la croute, si le temps le permet. c'est pas fini...
  • redescendre presque toute la grande pente sommitale du Corno (blocs et dalles, c'est de la marche), jusqu'à un cairn. s'approcher assuré du bord pour trouver un spit, un petit morceau de corde fixe et un relais inox comme vous en rêvez depuis ce matin.
  • en 5 rappels, (dont le 1er de 49m, attention!!) on atteint le pied du ressaut, à une sorte de collet. redescendre  le couloir rocheux glissant. s'il y a des cordées dans les voies, l'endroit est carrément malsain, nous nous sommes fait parpiner copieusement, ne trainez pas là!). continuer par un petit chemin dans l'herbe (que vous aurez repéré facilement depuis les rappels), puis un rappel de 50m vous pose aux éboulis. descendre vers le refuge Bozzano (attention, vous n'êtes toujours pas à l'abri de la parpinade, nous en avons fait l'expérience étonnante).
  • de Bozzano, regagner la route. pour notre part, nous avions caché la veille de l'eau, des baskets (très appréciables) et des barres, ce qui nous a permis de finir cette journée en 20 mn de footing jusqu'à la voiture (3-4 km). nous aurions dû cacher un vieux VTT, ce qui aurait été encore plus efficace! (stop aléatoire!).
  • ouffff!