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accueil > neige et glace > couloir de Lourousa
la course: 21 Juillet 2002. Au pied du couloir du Lourousa dans le matin gris, le doute s'insinue en moi: c'est bien tard en saison, et une mauvaise glace grise tapisse les 2/3 du couloir... pointes avant assurées, dur pour les mollets! ma jambe tiendra-t-elle sur les 800m de dénivelée? et ces nuages, ce ciel voilé...? en fait, ce ne sont pas les bonnes questions. la vraie question, c'est: aurais-je encore envie après l'accident? l'exaltation d'une voie, les instants de paix au sommet tout cela vaut il les risques que nous prenons, même dans des voies modestes? 21 janvier 2002: A 300, 400m du sol, pendu à mon filin d'acier de 5 mm, je tournoie sous l'hélicoptère rouge, dans le ciel de la haute vallée du Var. Accident de cascade de glace, deux erreurs, les piolets qui valsent, un coin de ciel bleu, une longue chute, un choc, pas très fort, une douleur, pas très intense pour le moment: carton rouge, cheville en miettes... opération, 2 broches et 17 vis, 100 séances de rééducation. c'était il y a 6 mois jour pour jour.
Aujourd'hui, c'est Luc, mon kiné, qui conduira la cordée: drôle de rééducation! pas après pas, mètre après mètre, la perspective s'inverse, et le vide se creuse entre nos jambes: surtout, rester concentré, pas de faux pas !!! le rythme s'installe: toc-toc ancrage des piolets, trois petits pas, et on recommence. pas d'assurage "béton", là dedans: comment tirer des longueurs sur un toboggan de 800m? étonnant pour un mois de juillet, à 50 ou 60 kilomètres de la promenade des anglais où rôtissent les baigneurs: le tiers supérieur du couloir est garni de neige fraîche, dans laquelle on monte comme sur un escalier. Soulagement pour les mollets, et le moral. la pente se redresse peu à peu, l'îlot rocheux est maintenant loin en dessous... Sortis! Nous atteignons le collet, mais il se met à bruiner, maintenant: tant pis pour l'Argentera, on redescend! trois petits rappels nous déposent sur le pierrier, au bas de la face Sud. Le soleil de Juillet déchire la brume, et en quelques instants, c'est le grand beau. Avec un demi mètre de poudreuse sur le pierrier, nous grillons sur place. C'est le moment du relâchement, où l'on savoure la course: la réponse est OUI, je retournerai en montagne!
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